Nocturne au cyprès, Henri Cross, 1896
by Vincent on juil.18, 2009, under CROSS Henri-Edmond, SYMBOLISME
Henri Edmond Cross, Nocturne au cyprès, 1896
Huile sur toile, signée et datée en bas à gauche: Henri-Edmond Cross 96, 65 x 92 cm
Genève, Modern Art Foundation, Musée du Petit Palais, inv.7059
- A partir de 1895, Cross évolue vers un divisionnisme moins strict. Il ne cherche plus à reconstituer exactement les colorations naturelles par le mélange optique et n’utilise plus « le point ». Certes, il poursuit la division et les contrastes colorés mais pose les couleurs de manière plus large et plus libre. Les touches papillotantes et alongées se subsituent aux points colorés.
- Nocturne au cyprès montre l’évolution de Cross: il pose de façon espacée les traits colorés sur les blancs. Plus ou moins denses, les violets expriment les ombres ou les volumes des cyprés situés au bord du rivage. Au premier plan, trois femmes, deux vues de dos et une vue de trois quarts, apparaissent en silhouettes claires à peine ombrées de violet. Ces figures se dessinent sur le fond jaune du deuxième plan au bas duquel s’alignent les cyprès. Cross donne un aspect décoratif à sa toile. Dans la représentation de ce paysage méditerranéen, il se remémore les plans simplifiés des paysages des estampes japonaises. D’ailleurs, le tableau fut retenu par Ambroise Vollard qui en réalisa une chromolithographie pour son second album publié à la fin de 1897, L’Album d’estampes originales de la galerie Vollard.
- Dans Nocturne, les plans découpés se détachent dans une lumière irréelle dominée par les mauves. Les gestes féminins créent une série d’arabesques sur un fond de lignes verticales suggérées par les arbres et les mâts. Le rythme est lui-même accentué par les diagonales des voilures repliées. La décoloration des couleurs par le mélange des blancs et des jaunes permet une gradation des violets et des mauves tandis que le rythme des verticales et des diagonales contribuent à l’effet de stylisation du paysage. Vision harmonieuse d’une Arcadie méditéranéenne, la composition de Nocturne au cyprès rappelle l’atmosphère de la grande toile de Seurat, Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte (1884-1886, Chicago, The Art Institute).
