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Schinkel à Naples, Catel, 1824

by Vincent on mar.19, 2010, under CATEL Franz-Ludwig, PEINTURES ALLEMANDES et AUTRICHIENNES

Franz-Ludwig Catel, Schinkel à Naples, 1824

Huile sur toile, 62 x 49 cm

Berlin, Nationalgalerie

Thème de la fenêtre ouverte sur un paysage: grand succès dans la peinture allemande dans la 1ère moitié du XIXème siècle.

Catel a une très bonne réputation de paysagiste en Italie et en donne de nombreuses variations, privées de la dimension métaphysique que savait y introduire Caspar David Friedrich.

Catel, fort de son expérience de peintre de plein air, cherchait avant tout à saisir les effets de lumière, les contre-jours, les transparence des rideaux. A Naples, il en réalisa plusieurs, dont une merveilleuse Fenêtre sur Naples, vue prise depuis Chiaia en direction de la ville du Vésuve (musée de Cleveland) et notre tableau, d’abord conçu comme une vue au-dessus des jardins de Villa Reale, où habita Schinkel en septembre 1824, en direction de l’île de Capri. Dans son journal, à la date du 23 octobre 1824, alors qu’il était de retour à Rome, l’architecte raconte que Catel le pria de venir lui rendre visite à 7h du matin, car il désirait ajouter son portrait à ce tableau. Schinkel offrit la même année l’oeuvre à sa femme comme cadeau de Noël.

Avec cette peinture, l’artiste réalisait donc la fusion de trois genres – le paysage, la nature morte et le portrait -, et de trois traditions – la vue à travers une fenêtre, la nature morte de fruits et celle d’objets et le portrait en Italie – dans une acceptation intime, le portrait relevant du portrait d’amitié.

Le centre de la composition est donc occupé par l’ouverture en direction de Capri qui crée un grand effet de contre-jour et de contraste entre l’intérieur et l’extérieur baigné d’une clarté éblouissante. Cet effet, qui n’est pas sans rappeler les recherches luministes de peintres hollandais que Catel admirait, laisse le modèle, rejeté à droite de la composition, en partie dans l’ombre. Sa pose, assis à une table sur laquelle se trouve des papiers, relève des conventions du portrait masculin; ; l’artiste n’y recherche pas l’originalité, si ce n’est dans le caractère légèrement avachi de Schinkel, les jambes détendues dans une attitude plus décontractée qu’à l’ordinaire. A gauche, une nature morte d’objets antiques équilibre la composition, tout en symbolisant les intérêts artistiques de l’architecte: y figure une amphore panathénaïque du peintre Antiménès, un griffon de bronze, un piédestal de l’époque d’Auguste et une lampe de bronze. Malgré sa modestie et son caractère intime, ce tableau, qui joue sur les correspondances entre le portrait d’homme, le portrait d’objet et le paysage-portrait, retrouve la puissance symbolique d’un portrait culturel, Schinkel y est en effet représenté entouré de ses deux grandes sources d’inspiration: l’Italie et l’antique. (Source Sébastien Allard)

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