Portrait de Robert Cheseman, Holbein le Jeune, 1533
by Vincent on août.06, 2009, under HOLBEIN Le Jeune, PEINTURES ALLEMANDES et AUTRICHIENNES
Hans Holbein le Jeune, Portrait de Robert Cheseman (1485-1547), 1533
Panneau, 58,8 x 62,8 cm
La Haye, Mauritshuis
- Robert Cheseman était un personnage puissant et fortuné de l’entourage de Henri VIII. Seigneur de Southall et Norwood, il occupait de nombreuses fonction telle que juge de paix dans le district du Middlesex et avait une grande influence à la cour. Il fut notamment impliqué dans le procès intenté contre Catherine Howard (1521-1542), la cinquième épouse de Henri VIII. La restauration récente de son portrait à l’occasion de l’exposition lui a permis de retrouver son éclat.
- Il est ici représenté dans un costume à la mode de son temps, en Grand fauconnier du Roi. Cette fonction honorifique lui permettait de participer aux parties de chasse royales comme la fauconnerie, alors pratiquée seulement par les rois en Angleterre. Il tient un gros oiseau de proie équipé pour la chasse. Il s’agit en fait d’un gerfaut, animal rare et précieux, que la restauration a permis d’identifier et qui est reproduit avec un étonnant réalisme.
- Un rendu très réaliste: Vêtu à la mode de son temps, Robert Cheseman porte un couvre-chef et une houppelande ou large manteau bordé de fourrure. Son pourpoint rouge est cousu dans une étoffe satinée dont le peintre a su rendre toute la brillance. Le plissé des manches également très réussi est comparable à celui d’autres portraits du maître comme le Portrait du machand Gisze (1532) ou le célèbre tableau des Ambassadeurs (1533), datés d’ailleurs de la même période. On remarque tout le soin porté à la fourrure marron, aux fronces de la chemise blanche ou à l’aspect velouté du gant en daim. Le cadrage du personnage dans un format presque carré, inhabituel chez Holbein, permet à l’évidence d’accentuer le réalisme et l’expressivité du modèle. Au lieu de nous regarder, celui-ci semble fixer un point situé sur la gauche en dehors du tableau. A l’inverse, son bras caresse l’animal en dessinant une oblique vers la droite, et concentre le regard vers le centre du tableau.
- Les couleurs ravivées grâce à la restauration: La restauration a consisté à ôter les couches de vernis et de repeints, ce qui a permis de mettre au jour le fond bleu caractéristique de nombreux tableaux de Holbein. En raison du vieillissement du liant et des restes de vernis,ce bleu a base de pigment de l’azurite (carbonate naturel de cuivre) s’était altéré, se transdormant au fil du temps en un ton verdâtre. De même, les couleurs bigarrées du gerfaut et le modelé du visage de Cheseman ressortent désormais plus clairement. La restauration a aussi mis en évidence le fait que l’inscription du nom et de l’âge du personnage, à l’origine dorée à l’or en feuilles, a été repeinte. (Source M.-J. Vaissaire)
