Poseuse debout de face, Seurat, 1887
by Vincent on juil.28, 2009, under NEO-IMPRESSIONNISME, SEURAT Georges
Georges Seurat, Poseuse debout de face, 1887
Huile sur toile, 25 x 16 cm,
Paris, Musée d’Orsay
- Entrepris durant l’hiver de 1886-1887, Les Poseuses (huile sur toile, 200×250 cm, Merion, fondation Barnes), troisième grand tableau de figures après Une baignarde à Asnières (1884; Londres, The National Gallery) et Un dimanche à la grande jatte (1884-1886; Chicago, The Art Institute), a occupé l’artiste pendant un an. Le tableau met en scène trois modèles posant nues dans l’atelier du peintre, où l’on apperçoit sur l’un des murs La Grande Jatte. Il a été préparé par des dessins, des esquisses d’ensemble et plusieurs études à l’huile pour les figures isolées. C’est à cette dernière catégorie qu’appartiennent les trois petits panneaux du Musée d’Orsay. Seurat, qui ne peignait qu’exceptionnellement des modèles féminins d’après nature, emploie pour la première fois la manière pointilliste à l’exécution d’un genre consacré par la tradition classique.
- Les attitudes de chacune des poseuses, méditées des figures de Puvis de Chavannes, d’Ingres (la Poseuse de dos rappelle La Baigneuse Valpinçon du Louvre), mais aussi de la statuaire antique (Le Tueur d’épine pour la Poseuse de profil), sont celles retenues dans le tableau définitif: Seurat les a probablement exécutées une fois la composition mûrie, sans doute au cours de l’automne de 1886.
- Hormis quelques modifications de détails, les changements les plus importants concerneront des éléments de coloration (les bacs de la Poseuse de profil, etc…), de texture et l’atmosphère même de la scène. Il se dégage en effet des croquetons une intimité dont est dépourvu le tableau final aux nus grêles et prosaïques. Sur La Poseuse debout, encadrée, signée et remaniée pour être exposée en 1889 à la place de la grande toile inachevée, Seurat imprime une maculature plus fine que dans les deux autres tableaux. Il cerne d’un trait précis les contours du corps, soulignant la disgrâce du corps juvénile associé à une tête adulte qui semble disproportionnée. Les touches irrégulières et subtiles fusionnent au contraire le fond et les figures des poseuses de dos et de profil, leur conservant ainsi une une spontanéité et une douceur propices à la rêverie.
- Ces trois tableautins « d’un art miraculeux » ont appartenu à Félix Fénéon qui les conserva jusqu’à sa mort (F. Fénéon, « L’impressionnisme », L’émancipation sociale agricole, industrielle et commerciale, Narbonne, 3 avril 1887, p.1-2 [Poseuse de face]).(Source Sylvie Patry, De Seurat à Klee, le néo-impressionnisme, Paris, 2005)
