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La Seine à Courbevoie, Seurat, 1885

by Vincent on juil.28, 2009, under NEO-IMPRESSIONNISME, SEURAT Georges

Seurat Georges, La Seine à Courbevoie

Georges Seurat, La Seine à Courbevoie, 1885

Huile sur toile signée en bas à droite: Seurat, 81,5 x 65 cm

Collection Particulière

  • Comme les marines de Grandcamp et quelques autres paysages autonomes, La Seine à Courbevoie prend place dans la longue période de maturation d’Un Dimanche à la Grande Jatte, entre le printemmps de 1885 et l’automne de la même année, qui voit Seurat, fort de nouvelles expérimentations picturales, reprendre son tableau manifeste. Parmi ces compositions indépendantes, La Seine à Courbevoie est sans conteste l’oeuvre qui évoque le plus directement la Grande Jatte. Non loin du site de la Grande Jatte, en proche banlieue parisienne, Seurat décrit un beau jour d’été, propice au canotage et la promenade d’une élégante jeune femme le long des rives de la Seine. La promeneuse et le voilier sont rejetés toutefois sur le côté du tableau, qui se situe à mi-chemin du paysage pur et du tableau de figures.
  • L’ordonnancement du tableau, dont le format vertical est exceptionnel dans l’oeuvre aboutit de Seurat (« les croquetons » verticaux y sont en revanche plus fréquents), se distingue par sa grande clarté. La rive opposée du fleuve coupe la peinture en deux moitiés égales, que rythment les bandeaux des zones ombrée et ensoleillée du sol herbeux, du fleuve, du groupe de maisons et du ciel. Celui-ci est presque entièrement occupé par le feuillage de l’arbre du premier plan à droite, qui enferme la composition. Les touches, entrecroisées pour l’herbe du premier plan, s’étirent horizontales sur les flots et épousent des directions différentes selon le motif qu’elles restituent à l’arrière-plan (toits, façades, frondaisons).

  • La palette, claire et lumineuse, achève de donner à cette peinture du loisir suburbain une note d’inhabituelle gaieté que l’on retrouvera dans un autre paysage fluvial, le très pointilliste La Seine à la Grande Jatte, printemps, de 1888 (Bruxelles, musée royaux des Beaux-Arts). A l’instar de La Grande Jatte cependant, dont la figure féminine de profil semble directement provenir (voir la femme, ombrelle dépliée et chien tenu en laisse, du couple à droite de La Grande Jatte), Seurat introduit un sentiment de solitude. La promeneuse à l’allure raide et figée, semble en effet étrangère au spectacle qui l’entoure, auquel Seurat n’a pas souhaité l’intégrer. Il multiplie à desseins les effets de rupture d’échelle (entre l’arbre démesurer et le tout petit voilier), qui interdisent toute fusion de la figure et du paysage. Sous cet angle, l’oeuvre participe pleinement de la réflexion engagée par La Grande Jatte.
  • Seurat exposera ensemble La Seine à Courbevoie et Un Dimanche à la Grande Jatte à la dernière exposition impressioniste de 1886: La Seine, louée pour « ses transparences d’eau » (Octave Mirbeau), y recueillera, l’approbation que la critique refusera avec férocité à la Grande Jatte. (Source Sylvie Patry, De Seurat à Klee, le néo-impressionnisme, Paris, 2005)
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