La Luzerne, Saint-Denis, Georges Seurat, vers 1885
by Vincent on juil.16, 2009, under NEO-IMPRESSIONNISME, SEURAT Georges
Georges Seurat, La Luzerne, Saint-Denis, vers 1885
Huile sur toile signée en bas à gauche: Seurat, 65 x 81 cm
Edimbourg, National Gallery of Scotland
- A l’exception des marines, Seurat a exécuté ses peintures de paysage dans la proche banlieue de Paris. La Luzerne, Saint-Denis en constitue un exemple.
- Le sujet retenu est le passage de la campagne au monde urbain, dont on distingue les constructions à l’arrière-plan qui s’étirent le long de la ligne d’horizon, placée si haut qu’elle ne libère qu’une mince bande de ciel. Les quatre cinquièmes de la toile sont occupés par le champ de luzerne ponctué de coquelicots. Le jeu des touches et des textures donne ici toute sa profondeur au tableau.
- La composition est ordonnée selon les trois bandes horizontales du champ, des bâtiments et du ciel. Elle est animée par la verticale de l’arbre à droite. Le dispositif rappelle La Route de Gennevilliers de Signac (1883, Paris, Orsay). Comme cette peinture, La Luzerne de Seurat renvoie encore au modèle du paysage impressionniste. La topographie est le sujet choisi – un champ piqué de fleurs occupant la quasi-totalité de la surface picturale – évoquent Claude Monet: à l’exposition impressioniste de 1874, il présente Les Coquelicots; environs d’Argenteuil (1873, Paris, Orsay), amorce d’un thème auquel il reviendra en 1879 à Vétheuil, puis en 1890 à Giverny.
- Mais à l’exaltation lyrique et colorée de la nature, à l’opposition violente des rouges et des verts chez Monet, s’oppose le traitement plus distancié de Seurat. La juxtaposition des verts et des rouges orangés est adoucie par les jaunes, les bleus et les noirs. Seurat se révèle plus proche ici d’un Pissarro ou d’un Sisley, n’était la facture, si personnelle, qui balaie de coup de pinceau vivement entrecroisés la moitié inférieure du tableau. Le point, utilisé uniquement pour les coquelicots de la zone médiane du champ, conserve une vocation descriptive. Exécuté probablement au printemps de 1885, avant la série de Grandcamp de l’été 1885, La Luzerne a été exposée au Salon des Indépendants en 1886. par la suite, la toile a appartenu au peintre et critique anglais Roger Fry, qui contribua tant à promouvoir les expressions des avant-gardes à Londres et écrivit sur Seurat dans les années 1920. (Source Sylvie Patry Le Néo-impressionnisme, De Seurat à Klee, Orsay, 2005)
