Aid'Art

La Chevelure, Henri Edmond Cross, vers 1892

by Vincent on juil.22, 2009, under CROSS Henri-Edmond, NEO-IMPRESSIONNISME

Cross Henri Edmond, La Chevelure

Henri Edmond Cross, La Chevelure, vers 1892

Huile sur toile, 61 x 46 cm, cachet de l’atelier en bas à gauche: H.E.Cross

Paris, Musée d’Orsay

  • En 1892, Cross et Signac (Femme se coiffant, Opus 227, arabesque pour salle de toilette, p.209), un an après Seurat (La Poudreuse, Londres, Courtauld Institute), peignent le sujet de la femme à sa toilette. La Chevelure de Cross dépeint une vision quasi allégorique de la féménité. Cachée derrière un épais rideau de cheveux, le visage disparaît totalement pour laisser place au premier plan à la chevelure qui devient unique sujet du tableau.L’effet de premier plan aplanit l’espace sur lequel se détache la chevelure. Les lumières et les ombres sont suggerées par l’uniformisation colorées des touches rondes: les points bleus, ocre et verts rythment l’ondulation de la chevelure.
  • Quand il peint cette oeuvre en 1892, le sujet de la femme à sa toilette est devenu courant chez les peintres. Thème de prédilection d’Edgar Degas, il fut également repris par les artistes néo-impressionnistes dont Cross fait partie. Pourtant, malgré la technique utilisée, ce n’est pas à Femme se poudrant de Georges Seurat (1889-1890, Courtauld Institute de Londres) ou Femme se coiffant, opus 227 peint par Paul Signac (1892, collection particulière) que La Chevelure fait le plus écho. Le tableau de Cross évoque bien plus sûrement l’atmosphère paisible et l’aspect décoratif de Jeunes filles au bord de la mer de Puvis de Chavannes (1879, musée d’Orsay).

  • Le cadrage serré sur le buste de la femme assise de trois-quart donne à la figure une certaine monumentalité, mais renforce également l’importance donnée à cette chevelure qui, coupée par le bord de la toile, sort du tableau. Le cadrage ainsi voulu par le peintre n’est pas sans rappeler celui utilisé dans les estampes japonaises que l’artiste admirait tant. Cross fait preuve également d’une grande économie de moyens aussi bien dans la composition de la scène, le sujet se détachant simplement sur un fond neutre, que dans la palette utilisée où tout n’est qu’harmonie de bruns et de mauves.

  • Avec la division des tons colorés, il fait onduler la chevelure dans un jeu d’ombre et de lumière. Les crans de la chevelure s’apparentent à des vagues. Le rythme ondoyant des cheveux procure une sensation aquatique. Les cheveux se délient telles des algues et dissimulent complètement le visage de la femme. La masse de cheveux semble dépasser le cadre du tableau. Ce geste de femme se peignant (ligne diagonale du peigne contrastant avec les crans ondulants des cheveux) fait penser aux gestes de Femmes au bord de la mer (1879; Paris, musée d’Orsay) de Puvis de Chavannes.
  • La filiation plastique est notable dans la linéarité cursive des compositions admirées par les artistes post-impressionnistes.
  • Les bras de la femme confèrent plus de matérialité au sujet peint par Cross. La dissimulation du visage derrière la chevelure permet au peintre de donner à celle-ci une force symbolique tout en la traitant de manière décorative. (Source Sylvie Carlier, De Seurat à Klee, Le Néo-impressionnisme, Orsay, 1995)
:, ,

Leave a Reply

Sites partenaires et liens utiles

Accédez aux différents sites de nos partenaires ci-dessous :

Archives

Une autre façon de trouver ce que vous désirez est de consulter les archives organisées par ordre chronologique.