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Femme se coiffant. Opus 227 (arabesques pour une salle de toilette), Signac, 1892

by Vincent on juil.28, 2009, under NEO-IMPRESSIONNISME, SIGNAC Paul

Signac Paul, Femme se coiffant

Paul Signac, Femme se coiffant. Opus 227 (arabesques pour une salle de toilette), 1892

encaustique sur toile marouflée, 59 x 70 cm, Signée et datée; inscription en bas à droite: Op. 227

Collection Particulière

  • Signac peignit Femme se coiffant. Opus 227 (arabesques pour une salle de toilette) au tout début de l’année 1892. L’année précédente, il avait aidé ses amis Luce et Fénéon à faire l’inventaire des oeuvres de Seurat et il préparait l’exposition posthume de son ami défunt pour le Salon des Indépendants, qui devait ouvrir le printemps. Il avait alors constaté que certaines couleurs de La Grande Jatte avaient évolué et qu’elles avaient perdu de leur éclat depuis 1886. Soucieux de la pérennité de ses couleurs, il s’intéressa à la peinture à l’encaustique, une technique ancienne à laquelle Charles Henry avait consacré une étude en 1884.
  • En effet, séduit par la fraîcheur intacte des portraits funéraires du Fayoun peints à la cire, le jeune savant avait rédigé un traité pour permettre à ses contemporains de bénéficier des nombreux avantages de la méthode de la peinture à la cire. Dès le mois de décembre 1890, Signac annonça à son ami Henri-Edmond Cross: « Dégoûté des couleurs à l’huile trop changeantes, je vais essayer de peindre à l’encaustique à chaud – Lefranc va préparer des couleurs immuables!  » Aujourd’hui, les tons délicats de Femme se coiffant donnent à raison à Charles Henry sur les qualités de la peinture à l’encaustique, mais, les difficultés de cette technique particulièrement exigeante – les touches doivent être chauffées une à une – s’ajoutant aux lenteurs inhérentes à la méthode néo-impressionniste, Signac ne renouvelle pas l’expérience.
  • Comme l’indique le sous-titre de l’oeuvre, « arabesques pour une salle de toilette », les ambitions de l’artiste étaient délibérément décoratives quand il entreprit son tableau, une image aussi discrète qu’allusive de celle qui partageait sa vie depuis plusieurs années et qu’il épousa officiellement à la fin de l’année 1892, Berthe Roblès. Comme Seurat l’avait fait avec Jeune Femme se poudrant (1889-1890, Londres, Courtauld Institute) et comme Cross le fit à la même époque avec La Chevelure, Signac mit en scène sa compagne occupée à sa toilette. Il la peignit de dos pour respecter son anonymat et effaça les détails de son visage dans le reflet de la glace.
  • Si Seurat avait laissé une image relativement caricaturale de Madeleine Knobloch dont on a justement souligné « la plénitude boursouflée », Signac peignit en revanche une oeuvre tendre. Berthe est vue à la fois de dos et de face; assise devant un miroir, elle ajuste sa coiffure. La pose gracieuse met en évidence la rondeur de ses épaules. Ses doigts font écho aux rubans noués de sa chemise, le chignon apparaît, curieusement relevé, dans le reflet de la glace et les éléments du décor – évantails japonais, objets de faïence ou flacons – se répètent en insistant sur le parti pris décoratif de la composition. L’artiste joue ici de la ligne courbe et de l’arabesque, en insistant sur les lignes sinueuses de la table de toilette et des broderies de la chemise de son modèle, sur l’impeccable spirale du chignon, ainsi que sur les lignes incurvées des bras, de la taille et des hanches.
  • A cette composition suggestive, fondée sur la ligne courbe et le rythme binaire des éléments qui se répondent deux à deux, s’harmonise une gamme chromatique lumineuse et chaude où le jaune et l’orangé dominent, rehaussés par un bleu léger et un violet intense.(Source Marina Ferretti Bocquillon, De Seurat à Klee, le néo-impressionnisme, Orsay, 2005)
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