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Femme à l’ombrelle, Opus 243 (Portrait de Berthe Signac), Signac, 1893

by Vincent on juil.28, 2009, under NEO-IMPRESSIONNISME, SIGNAC Paul

Signac Paul, Femme à l'ombre

Paul Signac, Femme à l’ombrelle, Opus 243 (Portrait de Berthe Signac), 1893

Huile sur toile, 82 x 67 cm Signée, datée en bas à droite: P. Signac 1893 inscrit en bas à gauche: Op.243

Paris, Musée d’Orsay

don Charles Cachin, sous réserve d’usufruit en 1989; entrée en 2004; R.F 1989-5

  • Signac avait connu Berthe Roblès (1862-1942) très jeune, au début des années 1880, à l’époque où il fréquentait le cabaret du Chat-Noir. Elle était modiste et partageait sa vie depuis lors. Berthe avait posé à plusieurs reprises pour l’artiste, qui avait toujours pris soin de dissimuler son visage comme dans une Femme se coiffant. Opus 227. Ici, elle apparaît pour la première fois à visage découvert: Signac l’a épousée le 7 Novembre 1892, en présence de Maximilien Luce et Camille Pissarro, parent éloigné de la mariée.
  • Les portraits achevés et traités selon la technique néo-impressionnisme sont rares dans l’oeuvre de Signac qui compte cependant la brillante effigie de Félix Fénéon (1890-91, New York, Moma) et celle de la mère de l’artiste, Héloïse Signac (1892, Coll. Part.). Femme à l’ombrelle est le dernier portrait de cette série exclusivement consacré aux êtres proches. L’artiste reprend un thème impressionniste, celui de la femme à l’ombrelle – dont Monet a laissé une interprétation magistrale-, et en donne la version néo-impressionniste. Il se souvient aussi de la célèbre promeneuse à l’ombrelle du tableau de Seurat, Un Dimanche à la Grande Jatte (1884-1886, Chicago, The Art Institute) dont le critique Waldemar-George retrouve ici le « trait continu à l’élégance précise ».
  • Signac a peint une étude préalable à ce portrait (1893, Coll. Part.), vigoureusement enlevée et qui montre qu’il était décidé d’emblée à faire la démonstration des vertus expressives du contraste des tons. Le tableau est fondé en effet sur l’opposition franche du vert et du rouge-orangé, du jaune et du violet. Dans la version définitive, Signac pousse l’effet de stylisation et donne à son modèle un aspect franchement hiératique. L’espace est délibérément réduit aux deux dimensions de la toile, sans aucune illusion de profondeur. Le modelé se limite aux jeux des ombres sur le visage. Les formes sont soumises à une géométrie rigoureuse et s’assemblent comme les éléments d’un grand puzzle coloré. Les touches menues déclinent une grande variété de tons au sein d’une même page de couleur et l’artiste joue ici en virtuose d’une gamme chromatique qu’il maîtrise admirablement. Il accentue aussi l’aspect décoratif de son tableau en usant de l’arabesque, dans les lignes souples des manches et dans celles plus rigides de l’ombrelle. Il ajoute à cette composition, aussi simple qu’efficace, des détails fortement stylisés, comme la fleur ou le motif de passementerie, rappels de couleur posés sur le fond jaune intense.
  • Signac était satisfait de son tableau qu’il accrocha dès la fin de l’année à la première exposition de l’éphémère galerie néo-impressionniste d’Antoine de La Rochefoucauld, 20 rue Laffite. Le peintre remarquait, dans une lettre adressée à Cross où il commentait son travail de l’été 1893:  » Comparées à mes oeuvres plus anciennes, elles laissent mieux apercevoir la simplification – de lignes et de teintes. Comme coloration, aucune ne tient à côté d’un portrait de Berthe, et celui de ma mère est bien maigre à côté. Cela tient à la simplicité de ces grandes teintes dégradées dans lesquelles aucun élément inutile ne vient à l’encontre de l’intensité lumineuse et colorée ».(Marina Ferretti Bocquillon, De Seurat à Klee, Le néo-impressionnisme, Orsay, 2005)
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