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Portrait de Maria Salviati, Bronzino, vers 1543

by Vincent on août.26, 2009, under BRONZINO Agnolo, MANIERISME ITALIEN

Bronzino_maria_salviati

Agnolo Bronzino, Portrait de Maria Salviati, vers 1543

Huile sur bois, 127 x 100 cm

San Francisco, De Young Memorial Museum

  • Portrait faisant parti de la première typologie de l’artiste pour la mère du duc: Cosme 1er. Vers la fin de sa liste des portraits dynastiques, Vasari mentionne:  » un portrait de Madame Marie, mère du duc » qui se trouve, avec d’autres portraits, dans la garde-robe ducale, mais il ne donne aucune indication chronologique. Dans le portrait appartenant aujourd’hui au De Young Memorial Museum de San Francisco, Maria Salviati apparaît âgée, le visage accusé. Les historiens de l’art situent donc ce portrait peu avant son décès (elle meut en décembre 1543).
  • Comme dans le portrait que Pontormo a réalisé d’elle vers 1527 ou vers 1537, elle portre l’habit du tiers ordre dominicain dans lequel elle est entrée une fois veuve. De plus, elle tient sur ses genoux un petit livre de prières dans lequel on peut lire le début du Psaume 66/67: « Deus miseratur nostri et benedicat nobis« . Elle affiche donc sa dévotion. Bien que le format soit plus grand et le cadrage plus distant que dans le portrait de Bia de Medicis, la typologie demeure aisément reconnaissable: Maria Salviati est assise, en repos, de léger trois quarts, elle regarde le spectateur. Bronzino a seulement interverti les bras: la main droite s’appuie sur l’accotoir, la gauche repose sur le livre. Le fond est redevenu architecturé: il consiste en un mur, comme l’indiquent les moulurations qui longent le bord gauche. Le regard est sans doute grave ou pensif mais, en raison de la vie dévote que la mère du duc a embrassé depuis son veuvage, on ne la rattachera pas au masque mondain.
  • Même s’il a été exécuté avant sa mort, le portrait de Maria Salviati a une fonction commémorative analogue à celui de Bia. On pense en effet qu’il a servi d’effigie lors des obsèques de la mère du duc et qu’à l’occasion de l’oraison funèbre, pronnoncée par Benedetto Varchi, il a été exposé dans la salle du Pape, à Santa Maria Novella, où l’Accademia Fiorentina tenait ses sessions. Bronzino fait ouvertement apparaître l’âge et la gravité, mais il présente l’une et l’autre comme acutellement vivantes.
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