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Tâches de soleil sur la terrasse, Denis, 1890

by Vincent on oct.12, 2009, under DENIS Maurice, Les NABIS

Tâches de soleil sur la terrasse, 1890, Orsay

Maurice Denis, Tâches de soleil sur la terrasse, 1890

Huile sur carton datée en bas à droite: Oct 90

Paris, Musée d’Orsay

Dans ce petit paysage où l’on peut reconnaître des promeneurs dans une allée de la terrasse de St Germain-en-Laye, Denis a traité d’abord les effets du soleil, comme le souligne le titre, postérieur à la mort du peintre. L’oeuvre, parmi les plus célèbres de l’artiste aujourd’hui, ne semble pas avoir exposée de son vivant. Il s’agit vraisemblablement d’un de ces petits tableaux novateurs que les Nabis apportaient au Temple (l’atelier de Ranson) quand ils s’y retrouvaient chaque semaine.

Tâches de soleil se fait l’écho du Talisman (Paris, Musée d’Orsay) que Sérusier a rapporté de Pont-Aven en octobre 1888. Denis qui a reçu cette toile des mains de son ami, la gardera jusqu’à la fin de sa vie, accrochée dans son atelier. Peinte sous la dictée de Gauguin, cette huile a fortement impressionné les amis de l’académie Julian et leur a ouvert une nouvelle voie en peinture. Mais c’est probablement la révélation des oeuvres de Gauguin au Café Volpini, en 1889, qui permit à Denis, un an plus tard, d’oser appliquer dans son tableau des couleurs aussi proches de celles du maître (notamment le rouge vermillon) et de simplifier les formes au point qu’elles en deviennent difficilement reconnaissables. Les estampes japonaises exposées à l’Ecole des Beaux-Arts au mois de mai 1890 ont dû elles aussi influencer le peintre.

Dans ce paysage, Denis pousse à l’extrême – comme il ne l’a jamais fait jusque-là – le mot d’ordre de Gauguin, qui est d’exalter la couleur et de simplifier la forme. Aucun de ses amis nabis ne l’appliquera avec autant de force. Un rapprochement peut être fait avec Le Bois de Boulogne de Vuillard, daté lui aussi de 1890 (coll. part.), où l’on retrouve comme couleurs dominantes un vert vif et un rouge orange, le vert sombre de Taches devenant un violet très foncé chez Vuillard. Cependant, le tableau de Denis est beaucoup plus audacieux et prend un caractère décoratif, notamment par le carton laissé en réserve qui dessine une arabesque claire autour des formes déjà fortement synthétisées.

Si Denis met en oeuvre dans son petit tableau sa définition du néo-traditionnisme, publiée quelques mois auparavant, avec sa formule célèbre: « se rappeler qu’un tableau (…) est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées », il se souvient également, en 1932:

 » Nous voulions mettre en valeur le côté subjectif et suggestif de l’Art. L’arabesque et le jeu des taches de couleur nous paraissaient suffire à l’expression d’un tableau (Denis 1932, p.20)

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