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Vue du Canal Saint-Martin, Sisley, 1870

by Vincent on sept.29, 2009, under IMPRESSIONNISME, SISLEY Alfred

Alfred Sisley-St. Martin

Alfred Sisley, Vue du Canal Saint-Martin, 1870

Huile sur toile signée et datée par: Sisley 1870, 50 x 65 cm

Paris, Musée d’Orsay


Durant la seconde moitié des années 1860, la possibilité de trouver un sujet convenable en matière de peinture de paysage à Paris fut exploré par plusieurs collègues impressionnistes de Sisley: Manet dans L’Exposition Universelle, Paris 1867 (1867, Nationalgalleriet, Oslo), Monet avec St Germain l’Auxerrois (1867, Nationalgalerie, Berlin) Quai du Louvre (1867, Gemeentemuseum, The Hague) et Renoir dans Les Champs Elysées durant l’exposition de 1867 (1867, Coll. Privée) et Le Pont des Arts (1867, Norton Simon Foundation). Tous ces artistes ont présenté un Paris comme ensoleillé, comme une ville spatieuse, et ses aspects les plus nouveaux comme les boulevards, les immeubles et les bâtiments de l’Exposition Universelle, cohabitant avec les plus vénérables des églises gothiques et des bâtiments publics du XVIIème siècle qui forment la toile de fond dans l’animation de la vie urbaine. Néanmoins cette vie urbaine n’est pas celle de la tristesse ou de la pauvreté, mais de richesse et de loisirs. Ces intérêts face à évolution rapide du Paris moderne devait être poursuivie dans la décennie suivante avec la mise en avant des ponts, des gares et des nouveaux boulevards hausmanniens de Paris.

Sisley n’a pas suivi l’exemple de ses contemporains quand il est venu choisir ses scènes parisiennes. Sa quête pour le réel, par opposition au pittoresque, l’a amené à travailler sur les quais de Seine et dans le quartier industriel à l’est de Paris autour du canal Saint-Martin. Le canal faisait un peu de moins de quatre kilomètres et faisait partie du vaste réseau de voies navigables qui reliait le canal de l »Ourcq à la Seine. Ses quais et ses bassins ont permis des installations pour l’entreposage et une activité industrielle à petite échelle, tous les deux assurées par les péniches.

Dans cette vue du Canal Saint-Martin, Sisley a adopté le même système de perspective donné à lui par un élément d’origine humaine, qu’il a déjà utilisé dans Avenue dans une petite ville et dans Avenue de châtaigniers près de la Celle-Saint-Cloud (1867). Cependant cette scène est moins ouvertement industrielle que ses Péniches sur le canal St Martin, avec des péniches amarrées crûment au premier plan et une usine avec une cheminée fumante à droite, la grande étendue en ciel et en eau dans Le Canal Saint Martin ont permis à Sisley d’explorer la formation des nuages , la nature de la lumière et de la voir réfléchir sur l’eau ce qui allait devenir une caractéristique de son oeuvre comme peintre Impressionniste.


Techniquement, Sisley a utilisé une brosse plus lourdement chargée qu’il répand sur la surface de la toile de manière horizontale pour délimiter les réflections, les lignes du canal et les péniches. Comme dans Péniche sur le canal Saint-Martin, il est tentant de penser que Sisley a adopté un coup de pinceaux innovant que Monet et Renoir avait développé l’automne précédent comme un moyen de capturer la spécificité de l’instant et que Monet et Pissarro allaient poursuivre durant l’hiver 1869-1870 à Louveciennes. Ces deux peintures avec Péniches sur le Canal de Saint-Martin ont été exposé au Salon de 1870, où ils passèrent inaperçu auprès de toutes les critiques conservatrices et des partisans de la nouvelle école « naturaliste » de Castagnary, Duret et Zola. Comme avec ses vues sur le visage de Marlotte, accroché au Salon de 1866, nous sommes de nouveau confrontés avec la décision de Sisley de présenter deux variations sur le même thème. Il est tentant de penser que Sisley a entrepris deux exercices: une exploration d’un lieu particulier afin de révéler le sens du lieu, et le potentiel des sujets présenté successivement et qu’il allait poursuivre pleinement à Moret-sur-Loing.

A l’exception de Stanislas Lépine, les vues de Sisley sur le côté industriel de Paris précèdent celles de ses contemporains, comme Monet, avec Le déchargement du charbon (1875, Coll. Privée), et les suivant comme Signac, Guillaumin, Seurat et même Braque.

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