Le bureau de coton à la Nouvelle-Orléans, Degas, 1873
by Vincent on fév.01, 2010, under DEGAS Edgar, IMPRESSIONNISME
Edgar Degas, Le bureau de coton à la Nouvelle-Orléans, 1873
Huile sur toile, 73 x 92 cm
Pau, Musée des Beaux-Arts
Le Portrait dans un bureau plus communément appelé Le bureau de coton à la Nouvelle-Orléans est le premier tableau de Degas qui entra dans un collection publique française. Cette toile réalisée à la suite d’un voyage à la Nouvelle-Orléans, est connue comme l’un des rares tableaux de l’impressionnisme européen en Amérique, et se situe dans la carrière de Degas entre les danseuses et les prostitués.
Après sa mévente auprès des collectionneurs anglais pour qui il était initialement destiné, elle fut exposée en 1878 à la société des amis des arts de Pau, ou elle est alors estimé à 5000 F. Elle fut acquise grâce à l’initiative d’un ami de Degas originaire de Pau, Alphonse Cherfils, par Charles Lecoeur conservateur du musée de Pau, afin d’honorer un donateur issu d’une famille d’industriel du textile.
On sait par ailleurs que Degas essayait depuis plusieurs années de vendre cette toile comme nous l’apprends des lettres envoyé à Charles Deschamps, agent de Durand-Ruel.
Degas fut finalement satisfait de la modique somme de 2000 F offert par la municipalité béarnaise et plus encore de son achat par un musée. En effet, dans une lettre inédite à Lecoeur du 31 Mars 1878, Degas enthousiaste écrit:
« Je ne dois pas attendre plus longtemps. Je dois vous remercier bien vivement de l’honneur que vous me faites. Il faut aussi avouer que c’est la première fois que cela m’arrive qu’un musée me distingue et que cet officiel me surprend et me flatte assez fort. »
Deux avant son acquisition par le musée de Pau, cette toile fut aussi accroché à la seconde exposition impressionniste ou elle avait reçu un accueil mitigé. Seul Armand Silvestre vante cette peinture « tout à fait spirituelle et devant laquelle on passerait des journées. »
» Ce peintre est très épris de modernité, de la vie intérieure et de la vie de tous les jours. L’ennuie c’est qu’il gâte tout losqu’il s’agit de mettre la dernière touche à une oeuvre. Ses meilleurs tableaux sont des esquisses. En parachevant son dessin devient flou et lamentable. Il peint des tableaux comme ses portraits dans un bureau à mi-chemin entre une marin et le polytype d’un journal illustré. » (Zola, 1876, Le messager de l’Europe)
Première toile de Degas à avoir été acquise par un musée malgré les vives critiques qu’elle suscita, Le bureau de coton est aussi la première représentation du commerce né de la révolution industrielle.. Mettant en scène un bureau d’échange habité d’acheteurs et de commis. Degas nous livre ici l’affaire montée par son oncle Musson à la Nouvelle-Orléans. De part son nom qui soulève actualité et modernité les critiques qu’engendèrent son exposition, on se questionne sur la forme que prend le réalisme dans cette oeuvre.
Il s’agit aussi de rappeler que Degas, comme il pouvait l’indiquer dans ses lettres souffrait des yeux. On s’étonne alors, et l’étude de l’oeuvre va nous le démontrer, de l’acuité de sa vision que souligna Picasso 20 ans plus tard.
Un réalisme dans sa composition: on est face tout d’abord à un cadrage ingénieux avec un point de vue légèrement surplombant le sol, relevant de la photographie que Degas pratique et qui est d’ailleurs naissante à cette période. L’espace coupé selon un procédé qu’on retrouvera maint fois dans les oeuvres de Degas. Car on observe l’utilisation de la perspective oblique matérialisé par la cloison, qui tend à agrandir l’espace plutôt exigu des locaux afin de disposer les 14 personnes qui les occupent. On ne reconnait pas le dessin préparatoire de l’oeuvre. On se pose la question du caractère réaliste de l’espace qui semble résolument intellectuel. En effet la composition n’a rien de l’instantané et montre que Degas a repensé à un espace afin d’y placer au mieux ses figures. Degas disait à propos de cela: « L’instantané, c’est la photographie et rien de plus ». On pense alors à Rue par temps de pluie par Caillebotte qui participe du même souci de réflexion concernant la composition.
En parlant de photographie, le bout de porte à gauche au premier plan nous donne l’illusion que la scène fut prise sur le vif comme pour un cliché. Impression réaliste, cette porte permet aussi de faire rentrer le spectateur dans la scène. De la même manière, le personnage assis au premier plan nous insère dans la vie de ce bureau comme l’a fait auparavant la figure de Désiré Dihau dans L’Orchestre de l’Opéra peint en 1878. Approche donc académique dans la composition, la peinture de Degas l’est aussi dans la pratique du dessin.
Le dessin tient en effet une place prépondérante dans cette oeuvre. Il est exact et nous révèle de manière claire et précise l’environnement dans lequel évoluent ces figures. La touche est hollandisante et l’on note l’influence d’Ingres qu’il côtoya par deux fois et dont on retient ce célèbre conseil: « Faites des lignes jeune homme, beaucoup de lignes, d’après nature et de mémoire. »
En ce qui concerne la couleur. Les tonalités sobres de verts et de bruns viennent souligner le jeu des contrastes entre le noir des habits et les blancs des chemises qu’on retrouve dans le coton mais aussi dans la fenêtre et dans le journal. On note d’ailleurs quelques touches de couleurs vives de la nature morte à droite: Le papier dans la corbeille et la lettre. Le registre au-dessus, posé sur le bureau rompt quant à lui avec la bichromie de la partie centrale. Parler de couleurs est aussi l’occasion de parler de lumière. Celle-ci semble être typique de la Nouvelle-Orléans. On a d’ailleurs à l’esprit les clichés photographiques en sépia réalisés à cette époque. Deags opère donc ici une véritable orchestration des couleurs, qui à l’aide du dessin, donne rythme et harmonie à la toile. Mas là où le réalisme est le plus frappant et le plus intéressant est dans la manière de représenter les figures.
Ce qu’a essayer de faire Degas dans cette toile est de rendre compte de l’activité de ce bureau. La question est de savoir de quelle manière a-t-il réussit à la rendre sensible. Quant on regarde le tableau une première fois, rien ne semble lui donner vie. Les accessoires, les décors, et les acteurs paraissent normaux. A fortiori, si l’on s’approche et que l’on s’intéresse à l’une de ces figures, le tableau en devient terne comme l’homme au bureau. C’est en fait la combinaison de ces figures qui vont produire un effet de mouvement et de réalisme. Néanmoins cet effet ne peut pas être sensible sans un travail acharné sur les postures et les attitudes des personnages. On observe alors une véritable recherche sur l’inclinaison des corps comme l’homme à droite posant ses mains sur la table, et sur la position assise des deux personnages sur leur chaise. On parlait tout à l’heure de photographie concernant la composition, il est intéressant de voir que cela s’applique aussi aux figures. En effet, Degas semble fixer les personnages à travers des poses naturelles et spontanées. Degas capte alors ici une nouvelle forme de mouvement comme celle qu’il trouvait sur les champs de course en combinant les figures afin de rendre compte de l’atmosphère de ce lieu. Dagas se constitua tout au long de sa carrière des archives de formes visuelles qu’il reprit pour la composition de ses tableaux. Mais même s’il possédait des postures types, celui-ci a du observer longtemps ces gens au travail pour en restituer les spécificité. Il y a dans l’oeil de Degas un regard quasi ethnographique.
La vie et le dynamisme qu’on retrouve dans la toile peut être rapproché des tableaux des corporations hollandaises comme celui de l’enseigne de Gersaint par Jean Antoine Watteau: Diversité des les attitudes et multiplicité des mouvements. On le rapproche également du réalisme de Tissot avec Le Balvon du cercle de la rue Royale: Mur végétal, Noir/blanc et diversité dans les postures mais aussi d’autres américains de la même époque.
Degas nous propose ainsi pour nous représenter le Bureau de coton à la Nouvelle-Orléans une image efficace, claire et nette que renforce la matière lisse et grasse de son pinceau. Il arrive par la composition, sa manière de peindre et d’agencer ses figures, à nous transmettre le fourmillement qu’il y avait dans les locaux. Néanmoins, ces caractéristiques semblent à la différence des autres peintres impressionnistes qui peignaient sur le motif, dépendre d’une réflexion en étroite relation avec sa mémoire visuelle. Degas à en effet intériorisé ce qu’il a vu à la Nouvelle-Orléans pour le retranscrire en atelier dans une composition picturale travaillée. Et c’est cette composition picturale qui a participé au réalisme du tableau. Autrement dit, c’est la vérité du style qui va réussir à faire retranscrire la vérité contemporaine. Il disait d’ailleurs à ce propos:
« Aucun art n’est aussi spontané que le mien. Ce que je fais est le résultat de la réflexion et de l’étude des grands maîtres; de l’inspiration, la spontanéité, le tempérament, je ne sais rien »
On peut parler alors pour cette toile, du fait qu’elle soit née sous le signe de la recherche et de l’intelligence, du réalisme scientifique.
Un réalisme dans le sujet: Degas frappe dans ce tableau par sa théâtralité , son jeu dans les différentes postures des acteurs sur cette scène comme s’ils ne percevaient pas la présence du peintre. On a une impression de vérité notamment grâce au rendu des tonalités sourdes, des ocres contrastant avec des noirs épais des vêtements des différents protagonistes. Le cadrage « photographique » qui permet la capture de l’instantanéité à aussi un rôle essentiel puisqu’il nous permet de s’interroger sur ce que Degas à vraiment voulu montrer ici.
Un portrait de famille: Degas a représenté l’intérieur du bureau d’échanges, au 63 Carondolet Street, de sa famille créole installée en Louisianne depuis 1810 à la Nouvelle-Orléans. Son oncle maternel Michel Musson est au premier plan, il examine un morceau de coton, il nous fait rentrer dans le tableau, on pense alors à Désiré Dihau, avec son chef d’orchestre dans L’Orchestre de l’opéra, réalisé en 1870. Il était arrivé en Louisianne après que Napoléon l’ai vendu aux Etats-Unis, il est devenu petit à petit l’un des principaux acteurs du commerce mondial du coton.
Degas met aussi en en scène ses deux frères :
René affalé sur une chaise lisant THE TIMES – PICAYUNE
Achille debout les jambes croisées dans l’angle de la pièce observant l’effervescence du bureau (Cf dessin Achille Degas vers 1768)
Derrière René, James Prestidge, associé de Musson porte un habit beige.
Son gendre William Bell assis a la table discute avec un acheteur et John Livaudais, le caissier, manipule un livre de comptes.
Derrière ces figures reconnaissables, on a une foule d’employés qui s’activent, écrivent, copient. Ils sont comme saisis dans leurs gestes habituels, des gestes variés, attribués à chacun d’entre eux par cette organisation « hiérarchique » du travail dictée par les membres de la famille Degas qui détiennent une certaine forme de pouvoir.
C’est finalement un portrait de famille au masculin, en effet Degas n’a pas représenté sa cousine Estelle et ses enfants ni ses deux sœurs. On peut peut-être voir dans la peinture accrochée sur le mur une certaine allusion au peintre lui-même.
Degas a peint ce tableau lors de son voyage à la Nouvelle Orléans entre octobre 1872 et mars 1873, il a vraiment passé du temps dans ce bureau d’échanges qui selon les sources de l’époque était bien moins vaste qu’on peut le voir ici. On peut alors se demander si Degas n’avait pas voulu vanter les mérites de sa famille à travers cette toile.
Pour la petite histoire, cette toile avait été réalisée avant tout dans un but exclusivement commercial puisqu’elle était destinée au marché Anglais et au filateur de Manchester Cottrell.
On connaît une autre toile d’un format plus petit, Marchands de coton à la nouvelle Orléans, souvent considérée comme l’esquisse du tableau du musée de Pau. Le bureau paraît beaucoup moins vaste comme tassé et mis à plat , on ne le reconnaît finalement qu’a partir du tableau au mur. C’est une approche différente, certes moins vivante ou le personnage examinant le coton fait parfois penser à L’amateur d’estampes de Daumier.
Degas pendant son séjour a aussi exécuté cette toile : Enfants sur le seuil de la porte à la Nouvelle-Orléans (Copenhague, Ordrupgaardsamlingen).
Degas peint donc un portrait fidèle de sa branche familiale implantée dans le commerce de coton à la nouvelle Orléans, il peint les entrepreneurs conquérants qu’il voit, mais aussi une nouvelle catégorie de grands marchands.
b peinture d’histoire
En plus d’être un portrait de famille, le bureau de coton à la nouvelle Orléans correspond à la première représentation du commerce née de la révolution industrielle. Lorsque Degas arrive à la Nouvelle-Orléans en Novembre 1872, il a face à lui un monde nouveau, une puissance économique en plein essor tournée vers le commerce extérieur essentiellement avec le commerce du coton.
« On ne fait rien ici, c’est dans le climat, que du coton, on y vit pour le coton et par le coton. » Degas.
Lorsque Degas débarque à la Nouvelle-Orléans, la bourse du coton de la nouvelle Orléans était devenue le lieu emblématique du commerce moderne. La ville avait pourtant essuyée la guerre civile entre 1861 et 1865 et un ouragan en 1867. Le Coton est récolté en Louisiane dans les grandes plantations, rassemblé en imposantes balles qui une fois vendues partent par bateau vers l’Europe ou il sera filé puis tissé par une main d’œuvre essentiellement féminine. Le commerce du coton repose sur une organisation totalement nouvelle : la culture et la vente sont articulées via des modalités inédites, par exemple des rapports quotidiens à l’aide du télégraphe.
Degas nous montre cette modernité à l’aide de détails qui ont une importante non négligeable pour comprendre la scène :
- le panier d’étiquettes : elles correspondent au nouveau support de l’écriture pour le commerce, c’est l’instrument de la bonne vente et du développement du marché.
- Le registre : il permet de consigner l’ensemble des ventes et tenir les comptes à jour.
- Le journal : ce n’est pas un hasard s’il est placé au centre du tableau, on peut y voir une allusion a la dissolution de la firme Musson, Livaudais, Prestidge datant du 1er février 1873 et annoncée dans le journal the Daily Picayune. Nous y reviendrons dans quelques instants.
Il y a donc un contraste saisissant entre les classes sociales de la récolte et du commerce du Coton : Prolétariat et Bourgeoisie. Cependant, Degas ne traite pas la récolte dans cette toile, c’est une série de portraits de la classe bourgeoise qu’il ne place pas en opposition avec le prolétariat. Il ne traite pas non plus des tensions entre populations blanches et noires de la Nouvelle Orléans dont il a parfaitement conscience puisque Musson va devenir en 1874 le président de la white leage, un mouvement suprématiste blanc. Degas a décrit ici un bureau de coton totalement prospère.
Néanmoins en 1873 une crise majeure dans l’histoire du marché du coton, comparable au crash de 1929, va nous pousser à interpréter ce tableau d’une manière totalement différente.
Une lettre d’Edgar Degas à Tissot écrite le 18 février 1873 indique :
«Intérieur d’un bureau d’acheteurs de coton à la nouvelle Orléans. Il y a là dedans une quinzaine d’individus s’occupant plus ou moins d’une table couverte de la précieuse matière et sur laquelle, penché l’un et à moitié assis l’autre, deux hommes, l’acheteur et le courtier discutent d’un échantillon. Tableau du cru s’il y en a, et je crois d’une meilleure main que bien d’autres. »
Aucun doute il s’agit de notre tableau. Il a donc été entrepris pas le peintre à la mi-février. Or nous savons que la dissolution de la firme Musson, Livaudais, Prestidge date du 1er février 1873, elle est même annoncée dans le journal the Daily Picayune.
Au moment ou Degas peint, ce bureau n’existe plus. Il l’a évidemment connu et il nous le décrit tel qu’il l’a connu à son apogée, c’est à dire lors de son arrivée en Louisiane, il s’agit un tableau à la mémoire de cette réussite familiale. Moins d’un an plus tard, Auguste, son père décède et sa banque est mise en liquidation. Degas ne peut plus assurer son train de vie, il ne peut plus jouer les mondains puisqu’il va devoir vendre ses tableaux pour vivre correctement, sa carrière et sa création artistique vont alors connaître un tournant.
Degas fait ici une véritable peinture d’histoire, l’impression de vérité, d’instantanéité rendue par la composition et les attitudes est totalement factice puisqu’il fabrique le tableau une vingtaine de jours après la dissolution de l’entreprise familiale : il saisit un moment essentiel dans la vie de sa famille de la Nouvelle-Orléans, mais aussi un moment charnière de sa vie puisqu’il va connaître plus ou moins le même sort peu de temps après. Il est alors au milieu de sa carrière lorsqu’il réalise le tableau.
Il mêle la grande et la petite histoire en peignant une sorte de renversement du capitalisme.
Selon Marilyn Brown, le tableau est une méditation sur le marché du coton et sur le risque des affaires.
c Réception par la critique:
Cette œuvre avait été présentée à la seconde exposition impressionniste, elle avait reçue un accueil mitigé. Armand Silvestre dans l’opinion du 2 Avril 1876 parle « d’une peinture tout à fait spirituelle et devant laquelle on passerait des journées ».
Dans la Gazette du 8 avril 1876, Marius Chaumelin dit regretter « les concessions à l’école des taches ».
Un critique d’art va même aller jusqu’à parler de « réalisme Heureux qui ne déplaira pas au gens qui aiment la peinture exacte et franchement moderne, qui pensent que l’expression de la vie et la finesse de l’exécution doivent être comptées pour quelque chose » dans le National du 7 avril 1876.
« c’est froid, c’est bourgeois ; mais c’est vu d’une façon tellement exacte et juste, et de plus c’est correctement rendu » (Louis Enault)
« Ce peintre est très épris de modernité, de la vie intérieure, de la vie de tous les jours. L’ennui c’est qu’il gâte tout lorsqu’il s’agit de mettre la dernière main à l’œuvre. Ses meilleurs tableaux sont des esquisses. En parachevant son dessin devient fou et lamentable ; il peint des tableaux comme ses portraits dans un bureau, à mis chemin entre une marine et le polytype d’un journal illustré. Ses aperçus artistiques sont excellents, mais j’ai peur que son pinceau ne devienne jamais créateur . » (Messager de l’Europe, Zola, Juin 1876)
Le bureau de coton est donc accueilli de différentes manières, les contemporains n’ont pas saisis ce que Degas a voulut montrer dans ce tableau.
Pour conclure, nous pouvons dire que Degas fait ici le portrait à la gloire de sa famille installée à la Nouvelle-Orléans dans le commerce de Coton, en usant de tout son talent de « concepteur d’espace ». Il invente ou réinvente une scène qui paraît saisie sur le moment, comme photographiée, afin de rendre hommage à la réussite commerciale de sa famille. On peut donc parler de réalisme Scientifique ici puisque la composition, les attitudes des différents portraiturés et l’atmosphère qui se dégage de la scène est essentiellement rendu par le talent de mise en scène de Degas. C’est ici une sorte de triomphe de la peinture sur la photographie puisque Degas parvient à réinventer l’Histoire. (Source Jules Regis)
Bibliographie :
Ouvrages généraux :
- Phoebe Pool, Impressionism, Thames and Hudson, London, 1985, p.120
- Bernd Growe, Edgar Degas, Editions Taschen, 2001, p.22-24
- Franco Russoli, Degas, Les Classiques de l’art, Flammarion, Paris, 2005
- Somogy, Des plaines à l’usine, Images du travail dans la peinture Francaise de 1870 à 1914, Paris, 2001.
Catalogues d’exposition :
- Richard Peduzzi, Degas, Catalogue de l’exposition aux galeries nationales du grand Palais en 1988, RMN, Paris, 1988
- Philippe Comte, Catalogue raisonné des peintures – musée des Beaux arts de la ville de Pau, 1978
- Ronald Pickvance, Degas, catalogue de l’exposition à la Fondation Gianada à Martigny, Suisse, 1993
- Françoise Cachin, Manet, Catalogue de l’exposition aux galeries nationales du grand Palais en 1983, RMN, Paris 1983
- G.Ambroise, P.Segura, D.Vazquez, Peintures du XIXème siècle – le Musée des beaux arts de Pau, Ed.le festin
Articles :
- Philippe Artières, Le bureau de coton de Degas, Armand Colin, Paris, 2008
- Richard Kendall, Degas Beyond Impressionism, National gallery publication, London, 1996
- Marilyn R. Brown, Degas and the business of art : « A cotton office in New Orleans« , the Pennsylvania state university press, 1994

février 9th, 2010 on 23 h 32 min
Bravo l’artiste !