Aid'Art

La Carrière de Bibémus, Cézanne, vers 1895

by Vincent on juil.20, 2009, under CEZANNE Paul, IMPRESSIONNISME

Cézanne Paul, La carrière de Bibémus

Paul Cézanne, La Carrière de Bibémus, vers 1895

Huile sur toile, 65 x 80 cm

Essen, Folkwang Museum

  • Localisation: En s’éloignant du visage du Tholonet vers le nord-ouest par des sentiers abrupts, ou du château noir vers le nord, on atteind la région de Prignon. Une fois gravie la crête de rochers et de falaises qui continue la route du Tholonet, le paysage change du tout au tout et on débouche sur le flanc ouest de la montagne Ste Victoire, aride et balayé par les vents, juste au dessus de la petite vallée où le père d’Emile Zola avait construit un barrage. Une partie du plateau rocheux en pente est couvert de fissures et de crevasses qui, bien qu’apparemment naturelles, paraissent parfois trop géométriques pou l’être. Ce sont en faites les carrières abandonnées de Bibémus, d’où a été extraite une grande partie de la magnifique pierre ocre pâle qui a servi à construire Aix. Certaines de ces carrières datent de l’époque des romains et sont tellement érodées qu’il est difficile de distinguer le travail de l’homme et celui de la nature. L’isolement de cet endroit, et en particulier ces étanges formations rocheuses ont souvent attiré Cézanne pendant les années 1890. En novembre 1895, il y loua une petite maison de deux étages où il pouvait entreposer son matériel et parfois même passer la nuit.
  • Construction: Cézanne fit à Bibémus de nombreuses toiles et aquarelles; celle-ci prend pour sujet l’une des faces rocheuses les plus complexes de la carrière. Les tailleurs de pierres ont travaillé sur ce site pendant une très longue période et ont ouvert des excavations de manière un peu aléatoire. Ils découpaient des blocs de pierre dans les crevasses naturelles du rocher à des endroits d’accès assez facile ou dont la pierre avait un grain particulièrement intéressant. Puis ils passaient à un autre endroit, laissant derrière eux des reliefs très géométriques, comme ceux de la partie supérieure droite de la falaise sur cette toile; qui forment un puissant contraste avec les formes plus douces des affouillements et des bouleversements naturels. Cézanne décrivit ces creux et ces courbes grâce à un travail complexe du pinceau, particulièrement impérieux et tranquille. Aucune partie de l’espace ne ressort plus qu’une autre, les coups du pinceau habiles brouillent légèrement chaque plan rocheux, ainsi que les pins et les buissons. Cézanne matérialise ensuite ces plans et ces surfaces soigneusement espacés avec netteté et précision par de petites notations de noir ou de bleu sombre qui divisent discrètement chaque transition spatiale. le rythme du travail ne change pas d’un bout à l’autre de la toile. Des touches de couleurs à peine posées animent de la même façon toute la surface du tableau, même les zones qui semblent demander une définition moins nette, comme la face verticale du rocher à droite, au rôle de repoussoir, ou la falaise tout aussi lisse derrière le pin sur la gauche. C’est cette régularité du geste qui permet sans doute au ciel de rester exactement sur le même plan que les pins et les rochers plus bas; l’air est tout aussi vibrant, mais il est retenu à la base de la toile par un relief bas sans échappée vers l’espace. Cette toile marque un contraste saisissant avec l’exécution de La Montagne Ste Victoire vue de Bibémus de Baltimore, où le travail du pinceau est très rapide dans le centre de la toile et se calme progressivement sur les bords, ce qui relève d’une approche formelle et expressive tout à fait différente.
  • Cette exécution tranquille, mais dans une grande densité, donne une image sereine, en dépit de la majesté du sujet. On a l’impression que Cézanne s’est posé un problème mathématique particulièrement complexe qu’il a ensuite pris beaucoup de plaisir à résoudre patiemment. Pour ces raisons – absence de théâtralisation et perfection de l’exécution -, John Rewald pense que cette toile date des premières visites de Cézanne à Bibémus, et qu’elle est peut être la première important qu’il fit sur ce lieu (Rewald, cat.exp., New York et Houston, 1977-1978, p.390).

  • En Avril 1906, le collectionneur allemand Karl Ernst Osthaus et sa femme se rendirent à Aix pour voir Cézanne. Leur impatience était grande, et ils furent reçus très courtoisement dans l’appartement de la rue Boulegon et dans l’atelier des Lauves, où ils virent, entre autres choses, ce qui semble être la version de Philadelphie des Grandes Baigneuses. Sur le chemin du retour vers Hagen, sa ville natale, où il allait passer commande d’un musée à l’architecte Van de Velde (qui sera par la suite transféré à Essen), Osthaus s’arrêta à Paris et acheta deux paysages à Vollard, dont celui-ci. C’était la première fois que quelqu’un qui n’était ni artiste ni critique, mais seulement un amateur désireux de voir son travail, se rendait chez Cézanne; ce fut aussi la seul. (Source Joseph J. Rishel, Cézanne, Paris Grand Palais, Philadelphie, Londres, 1995-96)

:, ,

Leave a Reply

Sites partenaires et liens utiles

Accédez aux différents sites de nos partenaires ci-dessous :

Archives

Une autre façon de trouver ce que vous désirez est de consulter les archives organisées par ordre chronologique.