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Grande Rue, Argenteuil, Sisley, 1872

by Vincent on sept.28, 2009, under IMPRESSIONNISME, SISLEY Alfred

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Alfred Sisley, Grande Rue, Argenteuil, 1872

Huile sur toile signée en bas à gauche, 65,8 x 46,7 cm

Norfolk Museums Service, Norwich Castle Museum

Cette peinture a été datée par Daulne en 1872 et identifiée comme Une rue à Sèvres. Si la date avait été correcte, le lieu où se trouverait Sisley aurait été logique, étant donné que Sisley s’est déplacé de Marly-le-Roi à Sèvres pendant cette année. Toutefois, pour des raisons stylistiques, John House est persuadé qu’il faut avancer la date à 1872-1874, par « les couleurs très douces et le traitement très libre » trop différents « des couleurs claires et de la texture hachée » qu’il utilisait en 1877. Cette hypothèse est soutenue par Christopher Lloyd qui, sur les bases de l’identification du sujet tenu dans un écrit de Daniel Wildenstein sur la peinture de Monet sur le même sujet, il renomme le sujet La Grande Rue à Argenteuil (maintenant la rue P. Vaillant Couturier). L’église dans le fond est Notre Dame.

La date de la création de cette oeuvre peut même maintenant être plus précise. Avec l’exception apparente de deux tableaux, Sisley a travaillé à Argenteuil seulement en 1872, quand il y résidait avec Monet. En outre, avec les deux sujets, qui dateraient d’un peu plus tard que 1872, l’une est prise dans un champ près des coteaux d’Argenteuil, l’autre, Bateaux sur la Seine à Argenteuil a été datée de 1874 par Daulte, ce qui lui permet d’affirmer ce propos, c’est le fond similaire à celui de Manet dans Argenteuil (Musée des Beaux-Arts de Tournai) de la même année, et doit être plus proche du groupe de peintures de Sisley réalisées deux ans avant à Argenteuil étant donné la largeur du traitement.


A part la peinture: Le pont à Argenteuil (Paris, Musée d’Orsay), Sisley a réalisé trois peintures en 1872 servant à se souvenir d’Argenteuil comme une ville industrielle plutôt que d’une gare. Boulevard Héloïse (National Gallery of Art Washington) montre la seule rue de la ville dont la longueur et le côté rectiligne font penser à un boulevard d’une ville moderne. Celle montrée ici et Rue de la Chaussée (Musée d’Orsay, Paris) se concentre sur les aspects les plus anciens de la ville.

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Gustave Corot, Beffroi de Douai, Paris, Musée du Louvre

L’arrangement de la perspective de la Grande Rue, amène l’oeil à longer la rue pour se trouver bloquer par le clocher de Notre-Dame, on peut comparer cet effet avec le tableau de Monet: Rue de la Barolle, Honfleur (1864, Museum of Fine arts, Boston) et Rue à Saint-Adresse (1867, Sterling et Francine Clark Institute, Williamstown). Ces deux jeunes oeuvres de Monet sont donc des approches pittoresques du paysage urbain mettant en avant le caractère asymétrique des vielles maisons, les irrégulières lignes des toits ainsi que des couleurs vives locales. Cette vue de Sisley, avec cette variété de toits, irrégularité des lignes de la rue et toutes ces façades de magasin, monte combien Sisley a connaissance de cette vue de Monet sur une rue à Honfleur, que ce soit dans la composition ou que ce soit dans la définition des formes à travers l’utilisation de fortes zones bien définies de clarté et d’obscurité. Cependant le tableau de Monet n’a pas cette flèche de l’église dans le font servant de pivot et terminant cette vue. Bien qu’il soit possible que Sisley pourrait avoir trouvé cela dans la scène elle-même, les similitudes entre les dispositifs de composition de la rue et même une faite par Corot qui a été exposé à Paris au Cercle des Merlitons durant l’hiver 1871-1872 sont probantes. Beffroi de Douai (1871, Louvre) fait par Corot était lui même un dérivé d’une lithographie plus ancienne d’un dessinateur de Douai, Motte, et montrant le beffroi de la cathédrale de Douai s’élevant au-dessus de l’ancienne rue étroite. Sisley a, au début de sa carrière, été impressionné par la technique et les aspects de la composition du travail de Corot et cette influence d’un artiste d’une ancienne génération est toujours présente au moins jusqu’en 1874, et réapparaît également de façon théorique dans sa période de Moret-sur-Loing. En conséquence, penser aurait pu prendre connaissance de ce paysage de Corot et s’en inspirer n’est pas tout à fait déraisonnable.

L’intérêt de Sisley pour ces trois endroits particuliers d’Argenteuil est donc partagé par Monet. Sisley peint des vues quasi identiques de La rue de la Chaussée et du Boulevard Héloïse en 1872, et deux ans après, il fait sa propre version de La Grande Rue .

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