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François Gauzi, Toulouse-Lautrec, 1886-début 1887

by Vincent on juil.29, 2009, under IMPRESSIONNISME, TOULOUSE-LAUTREC Henri (de)

Toulouse-Lautrec Henri de, François Gauzi

Henri de Toulouse-Lautrec, François Gauzi, 1886-début 1887

Huile sur toile, 78,5 x 39 cm

Signée en bas à gauche: à François, Tréclau

Toulouse, Musée des Augustins Ro 1037

  • François Gauzi (1861-1933) est actuellement moins connu comme peintre que comme historiographe de Toulouse-Lautrec; ses souvenirs remontent à l’époque de son entrée dans l’atelier Cormon, en octobre 1885 (Rachou le présente à Lautrec (Gauzi 1954, p.16-20)). Il était d’abord passé par l’école des Beaux-arts de Toulouse (Inscrit au cours de ronde-bosse en 1882, n°543 et en 1883, ronde-bosse, sculpture, modèle vivant n °537 (Toulouse, archives municipales)). Au détour d’une lettre, en juin 1887, Toulouse-Lautrec fait allusion à leur amitié (Corres, lettre 143, à sa mère).
  • Gauzi rapporte en quelles circonstances Lautrec fit plusieurs fois son portrait. Amusé par « le gilet fantaisie à carreaux écossais jaunes et blanc » qu’il portait parfois, Lautrec veut le représenter en buste  » avec ce vêtement cocasse et provincial ». Au bout de deux jours, les séances de pose sont interrompues par le déménagement de Gauzi qui pert ce gilet. Lautrec abandonne son portrait (Lautrec n’a probablement pas exposé le portrait inachevé Dortu P.276, Zurich, coll. Bührle) car sans le « gilet jaune, avoue-t-il, c’est absolument impossible, ça change tout »; en effet, pour lui, « les accessoires font intégralement partie du tableau; lorsqu’on y touche l’atmosphère disparaît ». (Gauzi, 1954, p.148-149)Pour « le second portrait, Lautrec avait choisi une toile étroite et haute ». Représenté « en pied haut comme un peuplier », Gauzi était grandi par le chapeau haut de forme et revêtu d’un pardessus vert, tonalité dominante. Installé dans un espace complexe, il se dresse entre deux portes ouvertes, débouchant sur la clarté d’une fenêtre. Cette saisissante mise en page de la silhouette verticale est expérimentée ici pour la première fois, dans une image en contre-jour. Lautrec reprit souvent cette idée, mais assouplie, dans d’autres portraits d’homme plus tardifs, pleins de vigueur et de spontanéité. Lautrec connaissait le portrait de son père par Forain et probablement aussi celui de Jacques-Emile Blanche.
  • Pour ce portrait, Lautrec travailla aussi d’après une photographie. Si le visage est traité de façon assez conventionnelle, l’arrière de la pièce est brosse en longues taches fines éclaboussées en touches presque néo-impressionistes. Stylistiquement , par sa couleur et surtout par ses touches, ce portrait pourrait être rapproché de celui de La comtesse de A. de Toulouse-Lautrec. Ces deux oeuvres furent probablement présentées en mai 1887, à l’Exposition internationale des Beaux-Arts de Toulouse sous le nom de Treclau (N°416 Portrait de M. François Gauzi et 417, Portrait de la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec). Généralement rataché de 1888, ce portrait a donc plutôt été peint au début d 1887, moment où Lautrec commence à intégrer les recherches de couleurs et de touches fragmentées. Ce tableau qui appartenait à Gauzi fut légué par lui au musée des Augustins en 1933.(Source Anne Roquebert, Catalogue Toulouse-Lautrec, Londres-Paris, 1991-1992)
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