Frederik Sodring, Kobke, 1832
by Vincent on avr.17, 2010, under ECOLE DU NORD, KOBKE Christen
Christen Kobke, Frederik Sodring, 1832
Huile sur toile avec une inscription: C.Kobke 1826/5 32, 42 x 38 cm
Copenhague, Den Hirschprungske Samling
Portrait de son ami peintre Frederik Sodrig (1809-1862) a mettre en parallèle avec Un jeune artiste (Ditlev Blunck) regardant une esquisse dans un miroir par Wilhelm Bendz (1826) (Monrad, 1984, p.196).
Kobke a réalisé une série de portraits d’artistes au cours de sa brève carrière (meurt pneumonie 1848) mais c’est surtout intérieurs d’églises et paysages architecturaux qui l’ont rendu célèbre.
C’est un portrait précoce qui montre le paysagiste dans son atelier qu’ils partageaient tous les deux à Copenhague (Monrad, 1984, p.196)
Etudie avec Eckersberg ce qui a pour conséquence des tendances stylistiques omniprésentes dans l’œuvre de ses élèves = contour précis et zones d’ombres et de lumières bien marquées. Même si ces recherches formelles sont caractéristiques de la production de Kobke, cette œuvre est différente de ses autres portraits d’artistes en ce qu’elle inclut des objets chargés de significations symboliques (Monrad, 1993, p.51).
Sodring fréquente lui aussi Académie royale de Copenhague mais jamais dans cercle d’Eckersberg car plus intéressé par mode picturale romantique promulgué par peintre norvégien Johan Christian Dahl (Monrad, 1993, p.219) donc pas de voyage à Rome et donc abandon du monde antique au profit de paysages romantiques en Norvège et en Allemagne.
Sodring dans ce portrait semble regarder directement le spectateur mais en fait saisit au cours d’une pause – palette et couteau à la main – lui permettant de juger le travail accompli sur une toile partiellement reflétée dans le miroir placé derrière sa tête.
Le tableau ayant été peint à la fin du printemps (26 Mai 1832), période où le soleil domine le ciel scandinave, la lumière du matin entre à flots de la droite, amenant les meubles à projeter des ombres, et frappant le front large et clair du jeune homme contrastant avec ses joues rougies. Quelques touches additionnelles de rouge sur les rayures du tissu qui couvre la chaise et la petite boîte sur la table mettent en valeur les tons de gris utilisés dans cette représentation.
Le miroir et la disposition des estampes qui l’entourent, attachées à la double porte, ressemble à l’imagerie modeste d’un trompe-l’œil, en particulier du genre de la nature morte avec porte-lettres, dans un jeu visuel qui rappelle l’illusion et la mimesis inhérentes à l’art de la peinture. Le reflet dans le miroir englobe des choses présentes dans la pièce au-delà de la vision du spectateur, comme le coin d’un cadre et les pieds d’un chevalet. Des bouts de papiers – en raison de leur format et réduit et rectangulaire, il semble s’agir de souches de tickets, de cartes de visite et de petites notes – sont coincés dans le bord gauche de l’ovale. Les estampes glissées derrière les deux côtés du miroir, un paysage hollandais avec une vache et quatre vues de colonnes et ruines romaines antiques, rappellent les thèmes de la nature et de l’Antiquité et, peut-être, les voies artistiques différentes choisies, respectivement par les deux artistes (Wivel, 1996, p.109).
Le lierre dont les rameaux délicats s’enroulent vers le haut et le bas de l’un des côtés de la porte symbolise l’amitié – une référence appropriée ici.
La profession de peintre de paysages de Sodring est également évoquée par le tabouret pliant en bois, à peine visible contre le mur, dans le coin droit de la composition.
Outre le symbolisme implicite dans ce portrait, l’inscription ajoutée au revers de l’œuvre par Sodring rappelle également qu’il s’agit d’une création destinée à un ami proche et collègue artiste : « Offert à moi par mon ami Kobke le jour de mon anniversaire, 31 Mai 1832 » (Monrad, 1984, p.196). (Source Vivien Greene)
