Sir John Clerk et lady Clerk of Penicuik, Raeburn, 1791
by Vincent on avr.08, 2010, under PEINTURES ANGLAISES, RAEBURN Henry
Henry Raeburn, Sir John Clerk et lady Clerk of Penicuik, 1791
Huile sur toile, 144 x 204 cm
Dublin, National Gallery of Ireland
Modèle Sir John Clerk de Penicuik 5è baronet, famille écossaise très distinguée, hérite de Penicuik house dans les collines du Pentland au sud d’Edimbourg à la mort de son père en 1784. Pouvant être le paysage distingué par Clerk.
Mais lady Clerk est aussi une héritière connue, il apparaît alors que Sir John « désigne certainement leur propriété et non pas seulement celle qui lui appartient » (Phillipson, 1997, p.37).
Format inhabituel du paysage souligne que les époux « ne sont pas seulement liés et absorbés l’un dans l’autre, mais poussés si près du 1er plan et du bord du tableau qu’ils empiètent physiquement sur l’espace du spectateur » (Levey, 2005, p.113). Le bonheur conjugal qu’ils affichent n’est pas simple artifice, il paraît même idolâtrer son épouse.
Réputer pour leur hospitalité et le goût des tableaux de bonne facture comme le découvrit Walter Scott lors d’une visite à Penicuik.
Portrait du couple prolonge la tradition familiale de mécénat culturel. Runciman dont Raeburn fut l’élève en 1781 avait entrepris une série de peintures décoratives à Penicuik pour sir James Clerk (l’oncle de John), a peut-être mis en relation la famille avec son jeune protégé.
1783 Raeburn peint un portrait de John Clerk of Eldin, le cousin et qui devint un proche de l’artiste et exerça probablement une influence significative sur lui. (Thomson, 2004, p.782). Il y a également une petite aquarelle de sir John qui serait antérieure à ce portrait.
En 1792, envoi de deux portraits à la Royal Academy et souhaite que notre portrait y soit présenté également mais ce-dernier arrive trop tard à Londres. Cela a pour conséquence qu’en dépit de ses qualités, le portrait aurait peut-être paru déplacé voir ignoré au sein de la compétition à laquelle se livraient les portraitistes anglais à l’Académie. (Levey, 2005, p.113). Il attira par contre l’attention de la presse à la Shakespeare Gallery de Boydell: « une audace de la touche et une force d’effet que nous avons rarement vues égalées » qualités qui auguraient bien les capacités du peintre.
L’accent de la critique fut également mis sur l’utilisation de la lumière « peintre dans un style très puissant et singulier: des figures dans l’ombre, bien qu’elles se trouvent en plein air… les ombres sont restituées avec la sûreté d’un homme qui connaît son affaire et ne craint pas de commettre un faux pas, et les lumières sont particulièrement remarquables ». C’est cette utilisation de la lumière qui est l’aspect le plus frappant de l’oeuvre: elle tremble sur les méandres de la rivière dans le lointain, frôle les arbres derrière le couple et miroite sur le manteau de l’homme, la robe et le visage de la femme. Tous deux sont largement dans l’ombre. Le chapeau de sir John et son bras levé sont presque vus en silhouette; son visage est éclairé par les reflets de la robe de son épouse, le peintre soulignant par là les liens qui unissent le couple (Le Harivel, 1988, p.41). Ce type d’effets luministes est caractéristique du travail de Raeburn vers 1790 : « la phase la plus créative et la plus originale » de sa carrière, alors qu’il s’essayait à placer ses personnages devant la source lumineuse, laissant leurs contours quasi incandescents sous les feux de la lumière directe qui y brille, sans pour autant pénétrer les formes qu’elle a ainsi définies (Thomson, 1997, p.191).
Ce portrait est un excellent exemple d’artifice artistique, offrant ce violent contraste entre lumière et ombre si caractéristiques des premières oeuvres de Raeburn. (Henry Mackenzie). Abandon du style falsetto = style étranger et trompeur, art baroque rencontré dans son voyage en Italie de 1784-1786. Bien qu’il ait été nourri de tels précédents, l’usage singulier d’un éclairage à contre-jour élaboré par Raeburn n’avait « jamais été utilisé dans l’art du portrait exactement de cette manière » (Thomson, 2004, p.783).
Même si la lumière est toujours restée un élément très important dans ses tableaux les plus tardifs se sont montrés plus conventionnels de ce point de vue. (Source Simon Macdonald)
