Joseph Banks, Reynolds, 1771-1773
by Vincent on mar.22, 2010, under PEINTURES ANGLAISES, REYNOLDS Joshua
Sir Joshua Reynolds, Joseph Banks, 1771-1773
Huile sur toile avec inscription sur le papier sous la main gauche du modèle: Cras Ingens Iterabimus aequor (« Demain, nous parcourrons de nouveau les hautes mers »)
Londres, National Portrait Gallery
Tableau commencé vers la fin de l’année 1771, au moment où le modèle était célébré pour sa participation au voyage de l’Endeavour du capitaine Cook dans le Pacifique entre 1768 et 1771.
Banks a hérité d’une fortune à la mort de son père en 1761 et s’était voué à l’étude l’histoire naturelle. Ancien de l’université d’Oxford; ayant découvert que le professeur de botannique, le docteur Humphrey Sidthorp, ne voulait pas enseigner, il paya lui-même une série de conférences de botaniste de Cambridge, Israel Lyons. Après avoir complété ses études à Londres, Banks mis ses connaissances en pratique pour la première fois au cours d’un voyage au Labrador et à Terre-Neuve en 1766-1767; il fut élu membre de la Royal Society pendant son absence.
Il embarqua sur l’Endeavour à ses frais, acheta le matériel scientifique de l’expédition et loua les services du botaniste linnéen Daniel Solander et de dessinateurs spécialisés. (observation de l’éclipse de Venus à Tahiti, Nouvelle-Zélande, côte de l’Australie = 1400 espèces de plantes nouvelles et plus de 1000 spécimens de faune). = Il devint un personnage d’une importance scientifique internationale avec un accueil à son retour qui dépassa celui de Cook. (Gascoigne, 2004, p.692). L’explorateur devint le sujet de conversations mondaines (en grande partie à cause des rumeurs sur ses liaisons avec des tahitiennes); il fut présenté officiellement au roi et reçut le titre de docteur honoraire de l’université d’Oxford.
Le portrait de Reynolds, de même qu’un autre entrepris par Benjamin West au même moment et montrant Banks avec des objets exotiques, pourrait avoir été réalisé pour son oncle (et ancien tuteur), Robert Banks-Hodgkinson (1722-1792) (Carter, 1988, p.99; Ingamells, 2004, p.26). Les deux oeuvres furent présentées en 1773 à la Royal Academy puis gravées.
Le modèle est « avant tout un voyageur infatigable »(Joppien, 1994, p.89). Son rôle dans les explorations intrépides est souligné par la présence du globe qui suggère qu’il s’intéresse aux « parties peu connues et lointaines » du monde (Cameron, 1952, p.60). Le globe constitue également un lien visuel entre Banks et la mer que l’on voit de la fenêtre – vision rendue d’autant plus nette que la fenêtre semble dépourvue de vitres. Sa position est active: il se penche en avant vers le spectateur et semble prêt à se lever de sa chaise en s’appuyant sur sa main droite, geste qui pourrait être dérivé des Syndics de Rembrandt (1662) (Shawe-Taylor, 1990, p.94). Sa main gauche attire l’attention sur les papier qui couvrent son bureau, dont l’un porte l’inscription eras ingens iterabimus aequor (« demain nous parcourrons de nouveau les hautes mers »)
Identifiée par erreur dans une lettre à sa soeur, Sarah Sophia Banks, comme « empruntée à une partie de l’Enéide de Virgile » – la source est en fait dans les Odes d’Horace – cette phrase fait référence à la fois aux récentes expédition avec Cook et peut-être également à l’invitation qu’il avait reçue de se joindre au deuxième voyage de ce dernier dans le Pacifique en 1772 (Ingamells, 2004, p.26).
Pas de second périple pour Banks et fit à la place une expédition scientifique plus courte en Islande. Dernière séance de pose fin 1773, après un autre bref voyage de Hollande. Il transforma par la suite pour le roi, le Jardin botanique de Kew en centre scientifique majeur et devint par la suite le président de la Royal Society le plus longtemps en activité (1778-1820); il fut fait baronnet en 1781. (source Simon Macdonald)
