Giovanna Baccelli, Gainsborough, 1782
by Vincent on fév.13, 2010, under GAINSBOROUGH Thomas, PEINTURES ANGLAISES
Thomas Gainsborough, Giovanni Baccelli, 1782
Huile sur toile, 226 x 148 cm
Tate Gallery, Londres
La danseuse Giovanna Baccelli (vers 1757-1801) passe pour être née à Venise. Fille de Giuseppe et Antonietta Rosa Zanerini. Son père était semble-t-il déjà mort lorsqu’elle se fit connaître en Angleterre puisqu’elle prit le nom de son beau-père, Matteo Baccelli. Elle fit parti du King’s Theatre de Haymarket. Découverte à Paris par l’une des directrices de ce théâtre, l’actrice Mary Ann Yates, elle ne s’était encore jamais produite (British Magazine and Review, mars 1783, p.253). Les carrières des membres de sa famille, cependant, furent liées à la scène: en 1766, sa mère et sa soeur commencèrent à jouer à la Comédie-italienne où son beau-père devint musicien (Campardon, 1880, vol.II, p.211-213).
Ses succès sur les planches la rendirent rapidement célèbre. En 1779, elle était devenue la maîtresse de John Frederick Sackville, 3è duc de Dorset (1745-1799) qui commanda ce portrait à Gainsborough. Ce n’était pas la première fois que le peintre travaillait pour ce mécène: il mentionne Dorset dans une lettre de 1777 comme acheteur possible de deux paysages; et, de fait, le duc en acquit trois l’année suivante (Hayes, éd., 2001, p.135). L’artiste avait également peint deux figures représentant « La Musique » et « La Danse » pour décorer le King’s Theatre en 1778 (Einberg, 1976, p.11-12).
Gros succès en 1780-1781 avec Auguste Vestris, le plus célèbre danseur d’Europe dans les Amants surpris: 22 représentations. Gainsborough a du peindre Baccelli dans ce ballet. Elle porte en effet le même costume et tient une guirlande qui pourrait correspondre, dans le tableau de Gainsborough, au tissus de gaze qui tombe en cascade de sa main gauche et à la guirlande de fleurs posée près du tambourin au bas de la toile. Sa jupe à cerceau, légèrement raccourcie pour la scène, correspond au costume à la mode du temps (Reade, 1967, p.20).
Les troncs sur la droite font plaisamment écho aux jambes de la danseuse et leur minceur par rapport à la taille des arbres suggère que Gainsborough a remonté leur sommet pendant qu’il peignait ce tableau afin de donner un arrière-plan sombre à la main gauche du modèle. L’artiste a également peint une petite esquisse dans laquelle les arbres sont deux fois moins hauts que dans l’oeuvre achevée (Gainsborough, 1981, p.151). Il se peut qu’il ait senti que sa composition de départ, dans laquelle Baccelli tout entière faisait un fort contraste devant le ciel, donnait trop d’importance à son bras gauche, aux dépens de sa tête (Einberg, 1976, p.13-14).
Célèbre demi-mondaine, Baccelli fascinait le public. En février 1782, peu avant la présentation du portrait de Gainsborough, la presse répandit la rumeur qu’ »elle avait été récemment très liée » au prince de Galles (Eliot, 2002, p.148). L’intention du peintre de présenter son portrait à la Royal Academy le mois suivant fut annoncée en Mars. Il avait également peint un portrait à mi-corps du duc de Dorset et l’on disait que l’artiste exposerait également cette oeuvre. Elle ne figura cependant pas à l’exposition et fut peut-être retirée parce que Dorset « ne souhaitait pas apparaître avec ce genre de publicité » auprès du portrait de sa maîtresse (Whitley, 1915, p.180). Il semble que cette omission ne soit pas passée inaperçue: l’un des comptes rendus de l’exposition prit soin de comparer le portrait de Baccelli avec celui, éminemment respectable, par Gainsborough, de lord Camden, déclarant malicieusement que, comparé à ce dernier, le portrait de la danseuse offrait « un contraste » plutôt qu’ « un compagnon ». Le chroniqueur soulignait également le fait que l’artiste avait été obligé de « poser sa couleur en épaisseur » afin de rendre compte du « visage peint » d’une comédienne (The Gazetteer, 1er mai 1782). En montrant Baccelli dansant, même si c’était à la campagne (qui pourrait constituer une simple référence au lieu de l’action du ballet), le tableau de Gainsborough ne pouvait éviter d’offrir le spectacle moralement douteux du corps féminin en mouvement, sans qu’il soit racheté par des accessoires de la tragédie ou de l’allégorie tels que l’on pouvait les trouver dans les représentations d’actrices (Perry, 2001, p.124)
Ce portrait fait parti d’une série de représentations de Baccelli qui semblent avoir été créées pour Dorset: une miniature perdue d’Ozias Humphrey, un buste par John Baptist Locatelli et une statue couchée et nue grandeur nature, également due à Locatelli. Dorset fut également un mécène généreux de Sir Joshua Reynolds qui fit lui aussi un portrait de Baccelli mais qui ne connut pas le même succès que celui de son rival, Gainsborough. La liaison de Dorset et de Baccelli dura jusqu’en 1789 où il se séparèrent à l’amiable, ils eurent plusieurs enfant mais un seul survécu. (Source Simon Macdonald)

février 23rd, 2010 on 19 h 36 min
Bonjour,
J’aimerai connaître la valeur d’un petit plat ovale
de 24 x 16 cm de thomas GAINSBOROUGH le peintre,
intitulé BLUE BOY, en porcelaine avec au dos un sceau
L E S et un petit ange ainsi qu’une couronne. Sur le
devant le petit garçon habilé de bleu avec une signature, GAINSBOROUGH « BLUE BOY »;
En attendant votre réponse je vous remerçie.